|
Proche du réel, le théâtre établit sans doute plus de
correspondances avec nos vies que la danse où le chant, disciplines où les
règles de l'art priment sur l'initiative individuelle. Le théâtre permet
d'aborder immédiatement la création personnelle. Pour jouer, on imagine et
on raconte, on ne décrète rien... Tout est suspendu entre le corps et la voix,
entre le souvenir et l'aujourd'hui.
En contrepartie de cette apparente liberté,
existe un risque : celui de trop exposer sa propre personne. C'est pourquoi la
fiction nous protège : être soi-même signifie alors voyager vers un personnage,
sur les terres lointaines de l'écriture.
De même, incarner la pensée d'un auteur de théâtre provoque
l'errance des intentions, sur les traces du non-dit, des silences et des
intentions cachées derrière la fragile barrière des mots.
Ainsi la scène est-elle une aire de repos pour la
conscience.
De fait, la pratique de l'art dramatique revêt
incontestablement un caractère apaisant et épanouissant, surtout pour ceux qui
ne souhaitent pas en faire leur métier. Il conviendra en effet de rester prudent
pour ce qui est des cursus à visée professionnelle au regard de la conjoncture
et de l'étroitesse des débouchés.
C'est en effet dans une distinction claire et précise des
champs amateurs et professionnels que la misssion aujourd'hui d'un pédagogue
pourra rester fidèle à la déontologie des métiers artistiques tout en stimulant
l'intérêt du plus grand nombre pour une pratique désintéressée de l'art
dramatique.
|